Le 14 février va commencer le temps du carême. C’est un temps de conversion pour chacun de nous, pour l’Eglise entière et pour notre communauté en particulier. Nous sommes invités à changer notre regard, nos habitudes, nos priorités pour qu’ils soient plus ajustés à ce que Dieu attend de nous.

Nous avons fait le choix de méditer cette année sur le thème : « accueillir la fragilité ». Nous sommes dans une société qui vise l’ultra performance, l’ultra rapidité, l’ultra efficacité. Celui qui ne réalise pas cela est rapidement mis sur le carreau. On se demande même à quoi il sert : les personnes âgées sont souvent isolées, les personnes avec un handicap sont dans des centres spécialisés, les jeunes déscolarisés sont livrés à leur débrouillardise. Même l’homme en pleine possession de ses moyens peut paraître trop » limité » pour la société actuelle et on est tenté de le remplacer par des machines, de l’intelligence artificielle qui fera le travail plus vite, plus efficacement sans tomber malade, sans avoir des soucis personnels et… en coûtant moins cher.

Les états généraux de la bioéthique qui se sont ouverts le 18 janvier dernier et qui vont durer six mois, vont aborder toutes ces questions. Le suicide assisté peut-il être autorisé ? Faut-il légiférer sur l’intelligence artificielle ? Que faisons-nous de l’enfant non voulu etc. ?

Les chrétiens sont appelés à prendre part au débat. Le site https://etatsgenerauxdelabioethique.fr permet à chacun de donner ses idées et de les défendre par un argumentaire précis. Je ne peux que vous encourager à y participer et à apporter vos réflexions à la lumière de l’Evangile.

Comme chrétien, nous croyons que la personne fragile est un cadeau. Elle témoigne que l’être humain est fondamentalement un être de relation et que ce sont les relations qui le font vivre et lui donne la joie. La personne fragile ne peut le plus souvent cacher sa fragilité et elle aide chacun à s’accepter dans ses richesses et ses pauvretés et à s’ouvrir à des relations vraies. La personne fragile ne pouvant faire seule, témoigne aux autres qu’ils sont utiles et qu’ils peuvent faire du bien.

Dans ce carême, nous allons réfléchir comment les personnes fragiles sont accueillies au cœur de nos familles, de notre communauté, de la société. Nous allons voir comment elle nous aide à être plus humains. Que ce carême soit un temps de grâce, de conversion et de vie pour chacun de nous.

P. Lionel Dumoulin